Nous sommes dans une chambre d'hôpital. Il est tôt, le jour commence à peine à se lever. Les murs sont blancs, nus, presque hostiles aux visiteurs. Les bips des différents appareils résonnent dans le silence du petit matin. A travers les rideaux fermés, le soleil commence timidement à pointer son nez. Dans cette chambre, il n'y a rien mis à part le mobilier stérile de l'hôpital. Un jeune homme dort d'un sommeil lourd et torturé dans un fauteuil peu confortable. Dans le lit, une jeune femme aux cheveux d'or. Son teint est très pâle, elle semble sereine.
Soudain, une porte claque. Le jeune homme se réveille en sursaut. Il a les yeux rougis. Il s'étire lentement, essayant de faire le moins de bruit possible. Le réveil est difficile. Il se frotte les yeux doucement puis passe une main dans ses cheveux ébouriffés. Il se lève et sort de la chambre sur la pointe des pieds. Il descend à l'accueil pour se prendre un café.
Lorsque Zac remonta dans la chambre d'Enya, il trouva la jeune femme assisse sur son lit. Elle avait le regard vide et affolé. Quand il s'approcha d'elle, elle le fixa avec un regard compatissant. Elle lui faisait totale confiance : il était la première personne qu'elle voyait et son visage lui disait vaguement quelque chose. Elle lui sourit timidement. Zac, quant à lui, passait nerveusement ses mains dans ses cheveux.
- Qu'est-ce que je fais ici ? Ca fait longtemps qu'on est là ? Pourquoi je suis là ?
- Tu t'en souviens pas ?
- Je devrais ?
Zac était étonné de la façon dont elle lui parlait, elle qui d'habitude était très froide et distante avec lui, elle lui parlait alors comme s'il ne s'était jamais rien passé. Il hésita longtemps avant de lui répondre. Devait-il tout lui raconter ou bien fallait-il mieux pour eux qu'il y aille en douceur ? Sa conscience le tiraillait de toute part. N'était-ce pas la chance qu'il attendait de réparer son erreur ? Finalement, sous le regard presque implorant d'Enya, il se décida enfin à parler.
- Un chauffard t'a renversée cette nuit.
- Oh mon Dieu ! Tu en es sur ?
- Malheureusement, oui...
- Heureusement que tu étais là pour m'amener à l'hôpital alors !
- Mouais
- Dit moi, tu es qui pour moi ?
Elle avait dit ça d'un air tellement innocent que Zac ne réfléchi pas avant de répondre.
- Je suis ton petit ami. On sortait ensemble avant l'accident.
- C'est étrange, je ne me rappelle plus de rien ! Quand est-ce qu'on rentre ?
- Aucune idée, ne bouge pas je vais aller chercher un médecin.
Zac sortit dans le couloir. Cette petite discussion le bouleversait au plus haut point. Qu'est-ce qui l'avait poussé à mentir à ce point ? Il déambulait dans les couloirs blancs et vides de l'hôpital. Elle semblait si fragile dans son cocon blanc. Il avait envie de la prendre dans ses bras. Il avait toujours voulu l'avoir dans son lit mais la jeune femme s'était toujours refusée à lui. Maintenant qu'elle était à lui, il ne ressentait plus les mêmes choses. Il avait envie de la protéger. Ca ne lui ressemblait absolument pas et tous ces sentiments étaient nouveaux pour lui.
- Jeune homme, vous êtes sur que tout va bien ?
C'était une infirmière qui venait de l'accoster. Elle l'avait vu marcher le regard vide et elle s'était dit qu'elle pourrait sûrement l'aider. Zac revint à la réalité.
- Oui, merci, tout va bien ! Je cherche un médecin, savez-vous où je pourrait en trouver un ?
- Bien sur, suivez-moi.
Il partit à la suite de l'infirmière. Ils traversèrent de nombreux couloirs avant d'arriver en face d'une petite salle reculée. L'infirmière toqua après avoir dit à Zac de rester près de la porte. Elle entra dans la petite salle puis en ressortit quelques minutes plus tard suivie d'un jeune homme qui devait avoir dans les trente ans.
- Bonjour, Docteur Lehman. Vous me cherchiez ?